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50 ans UOB

Jubilé

vendredi 10 décembre 2021, par Anicet Claude ANDJOUAT

Le 12 août 1970, le Président Albert Bernard Bongo, prenait, en Conseil des Ministres, la décision politique de fonder l’Université Nationale du Gabon (UNG). Celle-ci fut officialisée par l’Ordonnance n° 30/71 du 19 avril 1971 avec pour missions : l’élaboration et la transmission de la connaissance ; le développement de la recherche et la formation des ressources humaines dont avait besoin le Gabon pour assurer son développement intégral. En 1978, elle est rebaptisée Université OMAR BONGO.
Pour comprendre cette décision, il importe de se remémorer l’histoire de l’université dans les anciennes colonies françaises d’Afrique. En effet, c’est la création de l’Université de Dakar en 1959 et les bouleversements géopolitiques des années 1960, qui ont fragilisé la stratégie de l’Université française visant un pilotage, depuis Paris, de la fabrication, de la validation et la circulation des savoirs universitaires africains. Dès cet instant, certains nationalistes africains postulèrent, y compris en matière d’enseignement supérieur, une rupture radicale, selon le leitmotiv panafricaniste : « l’Afrique aux Africains ». Mais, finalement, c’est la théorie de l’intégration gradualiste senghorienne qui l’emporta, donnant ainsi naissance à nombre d’institutions universitaires africaines intégrées, à l’instar, en 1961, de la Fondation pour l’Enseignement Supérieur en Afrique Centrale (F.E.S.A.C.). Cette approche, intégrationniste, aboutit à la mise en œuvre concertée, d’instituts et Grandes Ecoles dans les capitales africaines, Brazzaville. La représentation gabonaise de cette fondation fut constituée par trois établissements : l’Institut universitaire de technologie (IUT), l’Ecole de droit et l’Ecole nationale des ingénieurs de Libreville (ENSIL). A partir de 1986, certaines de ses composantes, à l’exception de la Facultés des Lettres et Sciences Humaines (FLSH), et de la Faculté de Droit et Sciences Economiques (FDSE), prirent leur autonomie.
Réunies en Conseil rectoral en 2020, les autorités universitaires ont estimé que la date d’avril 1971, marquant le début effectif des activités pédagogiques et de recherche au sein de cette l’Université gabonaise, méritait d’être investie de toute sa signification historique par la célébration de son jubilé. Pour des raisons à la fois symboliques et mémorielles. En effet, le jubilé que l’on fait dériver du terme latin jubilaeus, était considéré dans l’Egypte pharaonique comme une fête « aux vertus régénératrices ». La chrétienté y a toujours vu un « événement testimonial », une « période de pardon », de « conversion » et « d’efforts spirituels », une « Année sainte ». Pour notre modernité, le jubilé de l’Université gabonaise est une célébration qui donne à la Nation, la possibilité de « dresser un état des lieux » de 50 ans d’histoire de cette institution dans l’espoir d’impulser un « nouveau départ », une refondation de l’ordre académique. Le jubilé de l’UOB procède dès lors d’une vision optimiste de l’avenir, d’une démarche mémorielle de lucidité voire d’objectivation du passé en tant qu’il féconde l’avenir.
Ainsi, en remettant en mémoire le passé par l’acte de commémoration de la création de l’Université nationale, le jubilé permettra de ressusciter les fulgurances des pensées premières de ses bâtisseurs, de questionner les dynamiques en action, notamment le rapport de l’université à la société, son niveau d’intégration des modes de digitalisation pédagogique et des problématiques environnementales, la portée des sacrifices consentis par les acteurs historiques, les dysfonctionnements accumulés, en envisageant, à l’aune de la vision des gouvernants en matière d’enseignement supérieur, des perspectives correctrices pour les prochaines décennies.

Il s’agit, in fine, de créer, auprès de tous les acteurs (gouvernement de la République, managers universitaires, enseignants-chercheurs, chercheurs, étudiants, partenaires sociaux, personnels, alumni, partenaires privés nationaux et internationaux), « quelque chose comme un engagement solennel et partagé » (Sophie Ernst) pour un renouveau universitaire au Gabon.

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